Pour ce premier post , voici un projet d'installation sonore mené début 2007 à Annecy.
1. Dans notre environnement urbain et extra –urbain.
Entendre/voir
Écouter/regarder
« Notre perception de l’espace dépend autant de
ce que l’on entend que de ce que l’on voit
»
Max Neuhaus
Les sons, les bruits appartiennent naturellement à notre
environnement, ils sont indispensables pour
l’appréhender l’espace. On parle
d’environnement sonore car les sons existent, et ne sont pas
modifiables, ils forment un tout, à l’instar du milieu
sonore où l’on peut agir sur l’espace
sonore.
L’onde visuelle produite par les tôles du tunnel
m’a un jour poussé à produire un geste au cours
du franchissement, un frottement contre chaque paroi en
aller-retour, tel un enfant qui frotte un bâton contre une
grille. Ce « tac tac » pas tout à fait
mécanique puisque fait par la main de l’homme est un
son répétitif, pourrait être une boucle
perpétuelle. J’ai choisi d’enregistrer ce son,
puis de le diffuser à l’intérieur même du
tunnel où le son a été prélevé.
Quatre enceintes sont disposées sur toute la longueur du
tunnel, orientées vers la voûte pour une meilleur
réverbération, le dispositif est invisible à
l’œil du public. Sans modification, mais
amplifié, le « tac tac » initial se transforme
en un son ou plutôt un bruit violent tel un marteau piqueur
ou le frottement d’un métro sur les rails! Par cette
diffusion, mon intention est de provoquer une réaction du
piéton, réussir à intervenir dans son parcours
quotidien pour qu’il puisse prendre réellement
conscience de l’espace qu’il traverse. Faire de cet
endroit un véritable lieu, au milieu des flux qui se
croisent dans ce carrefour, un lieu où l’on suspend
notre parcours pour l’écoute de l’environnement
sonore, l’espace intermédiaire (situé
localement entre deux espaces) se substitue alors à un
espace temporaire (intervient ici par un changement
d’atmosphère, la notion de temps, le lieu dans le
temps). L’installation sert d’ « étincelle
» à une mise en situation d’écoute. Je me
suis vite rendu compte que ce violent « tac tac »
n’avait pas l’effet escompté auprès du
public, plutôt agressif, ce son était trop proche des
bruits de la ville et se fondait quasiment dans la rumeur urbaine.
Ainsi, l’interêt est de réussir à
travailler un son bien plus subtil, plus discret, appelant aux
oreilles attentives des piétons et se détachant de
l’environnement sonore urbain. L’écoute à
travers ce lieu est importante à différents moments ;
ainsi on peut remarquer, surtout de nuit, que la sonorité
des pas est intéressante sur la dalle de béton du
tunnel. Ce son manuel avec des répercussions
mécaniques avec un rythme très régulier,
rappel le flux répétitif du carrefour. Parmis
plusieurs prises de son de pas, les bruits de talon permettent
l’écoute d’un son clair avec une
résonance métallique forte.
En travaillant sur une rythmique de « métronome
», je souhaite garder ce côté artificiel de la
plupart des bruits de la ville. J’utilise la longueur du
tunnel comme mesure de base (au même titre qu’une
mesure musicale) et crée à partir d’une
traversée piétonne en talon plusieurs boucles
sonores. Chaque boucle est construite sur une rythmique que le
passant en l’écoutant peut suivre : parfois rapide,
parfois lente, le piéton au gré de son humeur peut
s’amuser à marcher en harmonie avec la sonorité
du lieu et ainsi rendre à cet entre espace toute son
importance au milieu du parcours urbain.
Dans un prochain envoi, je laisserai d'autres photos, et les fichiers sonores...




Commentaires